Progressive Rock Band

Didier GONZALEZ @ Highlands Magazine (number 67 – Juillet 2014)

LOGOS est un nouveau projet en provenance de Vérone, avec comme directeur musical le claviériste Luca ZERMAN (orgue, Mellotron, synthétiseur, voix), auteur et compositeur. L’album L’ENIGMA DELLA VITA a été enregistré sur une longue période de 6 ans entre 2006 et 2012. La formation est complétée par Claudio ANTOLINI, piano, claviers, synthétiseurs ; Maoli MASSIMO, guitare ; Fabio GASPARI, basse et batterie. Après Antifona simple ouverture climatique, on entre dans le vif du sujet avec Venivo Da Un Lungo Sonno, longue composition aux envolées symphoniques grand teint, bénéficiant de la guitare aux accents floydiens de Maoli MASSIMO (qui a visiblement écouté David GILMOUR). On se régale de magnifiques effluves de claviers vintage, orgue Hammond et Mellotron en tête, conférant une assise symphonique des plus séduisantes.

In Fuga poursuit sur un rythme plus enlevé, des plus festifs, avec des claviers toujours à l’avant-scène dessinant un ensemble de thèmes des plus mélodieux portés par un orgue Hammond tourbillonnant et une guitare électrique tumultueuse. La section rythmique assure un tempo enlevé, tandis que les synthétiseurs prennent bientôt le relais avant une courte séquence de piano conclusive.

Alla Fine Dell’Ultimo Capitolo poursuit dans une veine un peu différente, avec des claviers moins dominants, l’intervention du chant et le retour de la guitare aux avant-postes. Ce nouvel équilibre instrumental amène davantage de piquant à la musique de LOGOS même si l’orgue Hammond et les synthétiseurs font un retour en force en seconde partie.

N.a.s se révèle le morceau le plus dynamique et le plus rock depuis le début de l’album : après un fulgurant roulement de batterie, la rythmique se met en marche sur un tempo rapide, tandis que la guitare distille quelques attaques mordantes sur un ensemble claviéristique se situant plus en toile de fond. Davantage de stridences sur ce titre légèrement plus corrosif.

L’Enigma Della Vita remet les claviers au premier plan instrumental, mais le chant de Luca ZERMAN montre ici ses limites, ses parties instrumentales se montrant nettement plus convaincantes. Guitare et orgue Hammond se partagent la deuxième séquence instrumentale, cependant cette composition manque de souffle, on espère un véritable démarrage qui se fait… attendre. Dommage, on espérait mieux pour le morceau titre en partie sauvé par une envolée de guitare convenable mais manquant de souffle. Il faudra l’embardée de synthétiseur finale pour enfin relever le niveau.

In Principio débute sur un doux accompagnement de guitare acoustique précédant le chant posé mais sans envergure de Luca ZERMAN. Cependant la mélodie s’avère agréable bien que convenue et on apprécie les discrètes volutes d’orgue en arrière-plan ainsi que la flûte. La séquence instrumentale au Fender Rhodes agrémente avec bonheur la suite du morceau qui prend un second souffle. Le retour d’une séquence chantée sur le final précède une nouvelle envolée basse/orgue des plus trépidantes relançant l’intérêt de cette composition à tiroirs, tandis qu’un solo de guitare incendiaire vient s’y greffer. Le meilleur morceau de l’album à ce stade de l’écoute !

Completamente Estranei débute par une séquence de claviers rhapsodiques bientôt rejoints par la section rythmique et la guitare électrique, tout en riffs. Le morceau, à caractère évolutif poursuit sa course, mélangeant guitare sinueuse et claviers effervescents. Une belle séquence de Minimoog intervient, entrecoupée par un solo de guitare, relançant la dynamique de la composition.

In Quale Luogo Si Ferme Il Mio Tempo, délicatement interprété de bout en bout au piano acoustique est une vraie splendeur !

Pioggia In Campagna débute sur un tempo martelé, assez martial, introduisant un très beau synthétiseur aux sonorités luxuriantes. La guitare acoustique précède le chant de Luca ZERMAN, bientôt relayé par une belle envolée de guitare électrique, très fluide et éthérée, rehaussée par un filet de synthétiseurs, avant qu’un break de piano et une accélération rythmique ne relance l’intérêt du morceau. L’orgue Hammond fuse, caracole, resplendit, illuminant ce titre d’expressives et chaudes sonorités.

Voici un titre captivant, à égalité avec l’excellent In Principio. La séquence suivante au synthétiseur est prenante et son alternance avec la guitare aux accents légèrement incisifs, une réussite. Jusqu’au final, on assiste à un festival d’orgue Hammond aux accents du grand PROCOL HARUM en alternance avec un synthétiseur à la belle coloration vintage. Excellent !

Il Rumore Dell’Aria constitue la conclusion de ce recueil. Introduit par des claviers suscitant une ambiance mystérieuse, ce titre voit l’intervention d’un récitant tandis que les claviers évoquent une ambiance de plus en plus fantomatique et sépulcrale. Une conclusion déroutante mais de bonne tenue pour un album très créatif, avec ses moments de plénitude et aussi quelques temps faibles. Appréciation globalement positive surtout si vous êtes amateurs de formations de la vieille école. Un CD méritant indéniablement l’écoute. 15/20

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